Fête de l’Ascension – Homélie de Wim van den Dool, diacre Utrecht, Pays-Bas

Fête de l’Ascension – Homélie St. Michel à Lille
Mes frères et sœurs en Christ, l’Ascension pourrait sembler une histoire naïve. L’art médiévale présente des scènes touchantes comme à la cathédrale de Chartres où le Portail Royal nous montre les pieds de Jésus au-dessous d’un nuage qui couvre le reste de son corps. Pour nous, hommes et femmes des temps modernes, une scène pareille ne correspond pas à nos connaissances physiques de l’univers. Cela nous paraît plutôt absurde. Or, le nuage est d’un autre ordre, dans le langage biblique. Ce n’est pas un phénomène météorologique qui se déroule dans la couche inférieure de l’atmosphère, mais la signe de la présence de Dieu, comme c’était déjà le cas quand le peuple d’Israël était guidé par le nuage dans le désert du Sinaï après l’exode d’Égypte et aussi plusieurs siècles plus tard quand le Christ était transfiguré sur le mont Thabor. Le nuage couvre la gloire de Dieu qui est trop grande et trop radieuse pour la regarder.
L’Ascension est l’entrée de l’Homme-Dieu Jésus Christ dans la gloire de son Père divin. Cela marque le début d’une nouvelle relation entre Dieu et l’homme. C’est une relation qui est au-delà de notre imagination. L’existence humaine de Jésus n’a pas été effacée pendant l’Ascension, mais au contraire, elle est glorifiée par Dieu pour toujours. Cela dépasse notre imagination; c’est au-delà de nos attentes et nous incite à la réflexion et à la contemplation.
Dieu, le Créateur a voulu s’attacher avec ses créatures humaines, non seulement pour une épisode de trente-trois ans, mais pour toujours. C’est l’expression la plus profonde de l’humble amour divin pour les hommes, pour nous tous. Dieu n’est pas un Dieu qui aime être seul. Bien qu’il n’ait pas besoin d’être entouré de ses créatures, c’est par amour qu’il l’a désiré. Il a voulu être personnellement incarné dans le temps et pour toujours.
La fête de l’Ascension est la fête de cette relation intime et profonde entre Dieu et l’humanité, qui change Dieu lui-même en quelque sorte et qui ouvre notre existence. Nous pouvons être liés à Dieu qui est plus grand que notre cœur. Dieu connaît notre existence humaine, comme Jésus l’a vécue dans la souffrance, le chagrin et le désespoir à l’heure de sa mort à la croix. Le Christ nous a précédés dans la gloire de Dieu.
Dieu n’abandonne pas sa création, l’ouvrage de ses mains. Il continue à poursuivre son dessein pour les hommes, depuis le commencement du monde. Jésus est le signe de l’accomplissement du plan de Dieu.
Oui, la fête de l’Ascension est la fête de la relation entre Dieu et les hommes. L’existence humaine est une existence ouverte à l’éternité. Notre existence est inachevée sans horizon éternel et transcendantal. Cet horizon n’est pas une réponse raisonnable à toutes nos questions, mais une ouverture existentielle. C’est la perspective d’un amour qui englobe nos vies et qui nous soutient au-delà des limites de la vie. Notre existence n’est pas un hasard mais l’expression d’un sens profond qui dépasse notre vie et qui se révèle déjà. Ce qu’il y a de plus profond à dire à propos de notre vie, ce n’est pas qu’elle provienne du hasard, mais qu’elle est voulue par un Dieu aimant et fidèle qui ne nous laisse pas partir dans le néant et le chaos. Cette dimension mystique nous donne un sentiment de sécurité au milieu des troubles et des soucis et nous aide à mener une vie pleine de sens.
L’Ascension nous ouvre à une joie intense. Après sa souffrance, Jésus entre dans la bonté divine dévoilée. L’amour dont il a fait preuve jusqu’à l’ extrême, est reconnu. La vie terrestre de Jésus se termine, mais pas sa vie réelle. Le dialogue entre le Christ et son Père céleste continue et devient encore plus mystérieux et radieux. Olivier Messiaen, compositeur français du vingtième siècle, a médité dans une composition pour orgue ou orchestre le mystère de l’Ascension. Un mouvement s’appelle: Transport de joie d’une âme devant la gloire du Christ qui est la sienne. Olivier Messiaen s’est rendu compte que Jésus nous précède pour nous emmener à la gloire de Dieu.
Remercions Dieu pour cette perspective d’avenir, sachant que le Christ ressuscité est déjà proche de nous par son Esprit. Le Christ glorifié se soucie de nous. Il ouvre le ciel pour nous; Il nous donne accès au Père aimant. Un jour le Seigneur reviendra pour nous inclure dans le bonheur divin.
Amen.

Wim van den Dool, diacre
Utrecht, Pays-Bas