21
AVR
2014

Homélie du Samedi Saint

Il était temps !

La ville de Jérusalem repartait à sa vie ordinaire et à ses travers, comme si rien ne s’était passé ; il y avait pourtant eu un innocent crucifié comme un criminel et dont on disait qu’il était Fils de Dieu.

Il était temps, la mort ensevelissait le cœur des amis de Jésus, les femmes au tombeau en étaient la parfaire illustration.

Il était temps et les plus proches, les plus zélés des disciples étaient en proie à un doute et un désespoir terrible.

Oui il était temps, depuis le péché du 1er homme, l’humanité n’en finissait pas de s’éloigner de Dieu et de s’en rapprocher, de se faire des idoles, de se déchirer , d’aller de chaos en succès, de haut en bas et même très bas, de tuer les prophètes, d’utiliser Dieu plutôt que le servir et l’honorer, d’exploiter l’homme et ses pouvoirs, d’exploiter son sens religieux plutôt que de chercher la sagesse, la sainteté, la fraternité offerte. Et cela faisait 2000 ans que cela durait, il était temps !

Et pourtant, les récits que nous venons d’écouter pendant cette veillée nous rappellent que Dieu lui était toujours là, actif, présent, miséricordieux et conduisait son peuple. Mais le monde n’était vraiment plus à Dieu ; son silence et la mort semblaient être ses seuls signes et triompher.

Il était temps, cela faisait trois jours, une heure, la dernière heure devenue elle aussi l’heure de Jésus ressuscité.

Lève-toi d’entre les morts.

Oui frères et sœurs, l’heure est venue de la Résurrection. Les temps ont accomplis.

Le temps est venu de la joie de Jésus, qu’éclate pleinement la joie de l’Evangile, si chère à notre pape François.

Les femmes au tombeau étaient certes toutes tremblantes mais toutes joyeuses.

Oui la résurrection fait voler en éclat toutes les idéologies du soupçon, les actes de mort, les grincheux et mal levés, les éteignoirs de tout acabit, les tremblements de terre, les gardiens de musées empoussiérés, de statues staliniennes, de lois sans vie, de tombeaux blanchis.

La résurrection fait place à la Joie, expression de la vie du Christ ressuscité. « Que ma joie soit complète en vous » leur disait-il avant le dernier repas.

Et c’est à nous qu’il se manifeste ce soir. Ne soyons plus des chrétiens aux têtes de carême comme le dit encore le pape François mais des chrétiens aux visages rayonnants de la joie du Christ vivant.

La vie jaillit, aussi les anges tout comme Jésus ne peuvent que dire : »Allez »

Oui la résurrection est une expérience crue que l’on fait en allant, en annonçant comme une bonne nouvelle.

C’est le sens du »vous le verrez, ils le verront ».

Les anges et Jésus donnent trois fondamentaux de la résurrection : « Allez, Galilée et voir ».

La Galilée, ce sont toutes les périphéries dont nous parle aussi le pape François.

Mais ce sont aussi les lieux loin de Jérusalem donc des tombeaux, du mal et du péché par excellence, bref là où la résurrection, la vie et l’amour de Dieu ne peuvent plus être assombris, voilés.

Voir : c’est donner à voir que la vie est plus forte que la mort et donner cette vie.

L’Eglise doit effectivement être une maison aux portes et fenêtres ouvertes.

On peut le voir car Il est là vivant dans ces cœurs qui donnent beauté, bonté, vie à la vie et à qui on redonne vie.

Allez : oui comme nous l’avons vécu sur le marché Sébastopol, joie d’annoncer Jésus comme dans les catéchèses, groupes alpha, Ecole de charité et mission et tant d’autres lieux de témoignages.

Oui sortir pour être une Eglise en campagne, salie mais sur les routes, risquant pour l’annonce.

La résurrection invite chacun de nous non pas à reconduire, redire mais à inventer les moyens pour qu’elle soit vue, reconnue et crue.

La joie de l’Evangile, l’Eglise du Ressuscité c’est comme une femme enceinte qui annonce peu à peu à son époux, ses enfants, sa famille et aux amis qu’elle attend un bébé. Et même quand elle est encore prudente, la nouvelle se répand à une vitesse trop grande parfois. On sait qu’elle est à la joie de la vie qu’elle porte. Et on voit cette femme se transformer et les autres aussi pour elle et par elle.Et alors lors de l’accouchement, éclate la joie de la vie…

Un jour nos frères et sœurs reconnaitront ce qu’on leur aura annoncé, ils demanderont le baptême, communieront et partiront à leur tour le dire à d’autres frères, en Galilée et jusqu’au bout du monde. Ce sera une grande Pentecôte !!!

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