19
AVR
2014

Homélie du Jeudi Saint

Collège Saint Paul

Chaque année, nous nous retrouvons le Jeudi Saint, ici dans cette église du Sacré-Cœur, et même chaque dimanche dans chacune de nos églises. Cela a t’il du sens ?

Mais dites-moi, depuis l’an dernier, tous les hommes mangent-ils à leur faim chaque jour dans le monde et même ici, pas loin de chez nous,

Dites-moi, chacun s’occupe t’il de son voisin, du malade ou de la personne âgée ? Chacun se met-il vraiment au service de toute personne en manque d’amitié, de présence de soutien,

Dites votre cœur, le mien, celui de chaque homme est-il définitivement empli d’amour, de compassion, de désir de bonheur universel et ce, partout dans le monde ?

Non, vous le savez bien, vous qui avez fait un carême pour handichien parce des handicapés manquent de structure et de soutien ?

Vous qui ferez demain, pomme baguette pour une école au Congo, vous qui chaque année regardez vers les résidents des petites sœurs des pauvres à la Madeleine.

Le monde ne peut vivre pour autant d’une charité en pointillé, de coups de cœur, même si cela est très nécessaire et beau.

Parce que tout cela passe, est imparfait, parfois injuste (je fais pour ceci ou cela, et les autres ?), et que tout cela un jour ou l’autre est voué à la mort.

Celui qui vient de Dieu connait toutes les limites humaines, et il est venu leur ouvrir le chemin qui ne finit pas : Dieu l’a ressuscité !

Il nous dit que la vie de l’homme, la beauté de l’homme, n’est pas de donner mais de se donner. et cela de plus en plus. Et pour toujours. »Fiâtes ceci en mémoire de moi». C’est cela le lavement des pieds dont l’Evangile fait mémoire.

La messe c’est se donner toujours, c’est le sens des vocations, données pour toujours aux hommes et à Dieu.

La messe c’est nous rappeler, le partage auquel nous sommes sommés de participer ; il n’y a pas d’autre chemin pour la paix que de partager.

La messe, c’est rappeler qu’on est aimé pour toujours quoique nous fassions.

La messe c’est nous redire que Jésus vient nous sauver, nous aimer et nous envoie dans le monde.

Alors nous pouvons dire en vérité : Le corps du Christ, amen.

Ce n’est pas nous qui faisons durer, qui renouvelons nos actions et leur faisons porter du fruit, et heureusement car sinon, nous serions découragés souvent.

C’est lui qui vient sans cesse : ‘C’est mon Corps, prenez… »

Il est comme la garantie, l’élan, il est présence réelle, sacrement.

Comprends tu dit jésus ? Alors fais ceci en mémoire de moi.

Le Seigneur a besoin de disciples, d’amis, de consacrés en vérité même si nous sommes pécheurs. Il nous rend capables d’avoir part avec lui : « Je vous a choisis et établis pour que vous alliez et portiez du fruit ».

Si nous sommes là ce matin c’est pour nous laisser choisir par lui, c’est qu’avec Lui nous voulons ce qu’il y a de plus grand, fort et beau pour nos familles, nos amis, ce monde.

Le Seigneur nous donne une merveilleuse raison d’espérer, une merveilleuse raison de croire, une merveilleuse raison de vivre, une merveilleuse raison de travailler.

Un jeune me disait la semaine dernière en pleurant : « si je mourais aujourd’hui, j’irais en enfer, tellement je ne fais que des choses mauvaises, je ne travaille plus, je suis un démon ».

Non ta vie vaut bien plus que cela ; ne te trompe pas de Maitre et Seigneur ; choisis le, tu es dans sa main.

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